Le Marais de Fesques

Route de la Fontaine, Fesques

Contact : email@ot-pays-neufchatelois.fr et tél : 02 35 93 22 96

Site : http://tourisme.brayeawy.fr/

 

Situé le long de la vallée de l’Eaulne, cette petite zone humide possède une valeur patrimoniale importante

pour cette vallée très agricole et constitue l’une des dernières zones naturelles. Elle abrite des formations végétales diversifiées et liées à un certain degré d’humidité comme des roselières, des magnocariçaies, des prairies méso-hygrophiles, des végétations de cressonnière…

 

Gestion du site :

Classée en APPB en 1990, la zone humide est d’abord gérée par le GON puis par la suite par le Conservatoire qui en devient propriétaire entre 2000 et 2005. Les prairies sont entretenues par des chevaux camarguais présents toute l‘année et par un fauchage tardif. Quelques actions de déboisements et de débroussaillage sont réalisées pour entretenir la ripisylve, les haies et les arbres têtards.

 

Infos visites collectives :

La visite guidée du marais de Fesques présente un l'intérêt faunistique et floristique d'un milieu naturel protégé par un arrêté de biotope, sur les bords de l'Eaulne en Pays de Bray (groupe de 5 personnes maximum). Renseignements auprès du Conservatoire d'espaces naturels de Haute-Normandie au 02 35 65 47 10.

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Pour découvrir l'historique du marais en PDF
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 Pour approfondir : 

(Texte issu du site de l'INPN : https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/230009229/)

 

Ce petit marais d’un peu plus de 5 hectares longe l'Eaulne et est situé au Sud du bourg de Fesques (76) sur un axe Nord-Ouest/Sud-Est délimité, au Sud, par cette rivière. Sa limite Nord-Ouest est constituée par un petit ruisseau qui vient se jeter dans l’Eaulne et qui délimite une zone pâturée par des chevaux camarguais. Ce site est linéaire, d’une longueur d'environ 860 mètres et d’une largeur comprise entre 50 et 100 mètres.

 

Du Nord vers le Sud, on rencontre une prairie mésohygrophile pâturée caractérisée par un mélange d’espèces mésophiles telles que la crételle ou la renoncule rampante et d’espèces hygrophiles telles que la reine des près, le lychnis fleur de coucou ou le populage des marais. Au Sud de la petite route, se développe une mégaphorbiaie à reine des près mélangée à une roselière à baldingère. Vient ensuite une petite aulnaie de moins d’un hectare. Puis se développe de nouveau une prairie mésohygrophile pâturée et entrecoupée de roselières à baldingères.

 

Celle-ci est probablement le milieu le plus intéressant d’un point de vue floristique. En effet, en son sein on rencontre, probablement, la plus belle station de Seine-Maritime d’ophioglosse vulgaire, où environ mille pieds ont été comptés. Cette petite fougère, appelée également langue de Serpent est très rare et protégée en Haute-Normandie. On observera aussi plusieurs orchidées. La mieux représentée est l’assez rare orchis négligée dont 500 pieds ont été répertoriés en 2002. La très rare orchis à large feuille (Dactylorhiza fistulosa = D.majalis) n’a pas été revue depuis quelques années.

 

L’atout principal de ce marais réside également dans sa richesse faunistique. Celle-ci est due à la diversité des milieux humides et à sa situation géographique. En effet, ce marais, situé le long de l’Eaulne dans un axe Nord-Ouest Sud-Est, est un site privilégié pour la migration des oiseaux. Ce sont pas moins de 100 espèces d’oiseaux qui ont été recensées. Nous rencontrons un bon nombre d’espèces paludicoles dont les assez rares rousserolle verderolle, qui compte plus de 10 couples et fauvette babillarde, qui a niché en 1998. Signalons également la présence des peu communs rousserolle effarvatte et bruant des roseaux qui comptent plus de 4 couples chaque année. De nombreuses espèces utilisent le site comme zone d’hivernage ou halte migratoire. Ce sont, en moyenne, pas moins de 40 hérons cendrés et parfois l’aigrette garzette qui y passent l’hiver. Les suivis réguliers, mis en place par des ornithologues du GON, ont mis en évidence les passages du rougequeue à front blanc, de la cigogne blanche, où jusqu’à six individus ont été observés, et de la cigogne noire. Parmi les 22 espèces de mammifères observés, il faut signaler la présence de la musaraigne aquatique et du campagnol amphibie qui sont tous deux rares. Enfin, une campagne de capture de papillons, menée en 1990, a mis en évidence deux noctuelles, l’une très rare Xestia sextrigata, et l’autre assez rare Plusia festucae.

 

Le Marais de Fesques a été acheté par le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie. La mise en Arrêté de Biotope n’est effective que sur l’ancien périmètre de la ZNIEFF, et n’inclut pas la zone à ophioglosse. Des actions sont en cours afin d’étendre cet Arrêté de Biotope. Un pâturage a été établi depuis une dizaine d’années avec des chevaux camarguais, et permet de limiter l’extension de la roselière et de la strate arbustive. Des suivis sur l’ensemble de la faune et de la flore sont réalisés régulièrement. Les efforts consentis sur ce marais depuis plusieurs années ont permis la conservation de toutes ses richesses écologiques. Les zones humides sont en régression constante depuis des décennies, et ce marais constitue donc une exception dans le devenir de ces milieux.