Saveur Sauvage

Adresse: 95 rue des prairies, Montmain

Tél: 09 51 13 50 55

Site: http://boutique.saveur-sauvage.fr

Pas vraiment une ferme, l'entreprise agricole Saveur Sauvage s'est spécialisé dans la récolte et la préparation de plantes et de fruits sauvages, pour en faire de merveilleuses confitures et des sirops tout aussi bons et bios bien sur! Devenus des quotidiens de nos petits déjeuners et gouters en famille, les produits sont variés, et vraiment riches en gout. Que du bonheur encore une fois.

 

Nous vous proposons ci-dessous la présentation de l'activité par l'équipe elle-même, car tout y est clairement expliqué, et on apprend beaucoup sur les conditions d'exploitations et de récolte:

"L'activité principale de saveur sauvage depuis sa création par Thomas fin 2006 est la cueillette de plantes et fruits sauvages pour la production de sirops et de confitures biologiques. Myriam le rejoint de façon officielle en 2010.

Les terrains sont d'un seul tenant et s'étendent sur environ 7,50ha. 4,50ha sur la commune de Montmain, baux signés avec la municipalité (3ha en bail emphytéotique de 45 ans 2006, puis 1,50ha en fermage classique en 2008).
3ha en bail environnemental (préservation de la ressource en eau, périmètre de protection rapprochée de trois captages d'eau potable) signé avec la CREA en 2010.

Depuis le début de l'activité, l'objectif est de gérer l'espace de façon écologique, dans le but de favoriser la nature : biodiversité, dynamiques naturelles, tranquillité... C'est pour cette raison que deux vaches de race highland cattle sont arrivées en 2007. Leur mission consiste à maintenir certaines zones ouvertes en pâturage extensif. La famille s'est agrandie depuis et le cheptel compte maintenant 4 femelles, les 2 mères et les 2 filles.

Mais aussi de disposer de plantes et fruits sauvages en quantité suffisante pour l'activité de production de sirops et de confitures. Ainsi, nous cherchons par exemple à favoriser les zones de lisières et de friches pour la récolte de fruits sauvages (mûres, baies de sureau, cenelles, cynorhodons, prunelles…), tout en maintenant l'ouverture du milieu sur d'autres zones pour la cueillette de plantes (pissenlit, ortie, achillée, millepertuis, menthe, origan…). L'espace est découpé en petites pâtures séparées entre elles par des bandes enfrichées et bordées par des larges lisières faisant la transition avec les haies ou les bois en place. Les zones enfrichées sont souvent plantées de fruitiers divers (domestiques et sauvages) qui s'intègrent à la trame naturelle. Plusieurs centaines d'arbres et d'arbustes ont été plantés depuis 2006.

La végétation sauvage et sa dynamique naturelle reste largement dominante sur l'ensemble des terrains. Nous laissons faire ou intervenons selon les endroits. Nous cherchons à créer une mosaïque de milieux : pelouses rases, prairies, friches, fourrés, haies, bosquets, boisements récents et bois anciens se côtoient ou se mélangent favorisant ainsi les interactions entre les différents milieux. Nous intervenons peu sur les différents boisements. Nous cherchons cependant à hétérogénéiser l'âge de certains peuplements, sans toutefois toucher aux spécimens les plus âgés. Nous laissons le bois mort sur pied pour favoriser les espèces xylophages et leurs prédateurs ainsi que les cavités pour les espèces cavernicoles. Nous avons à cœur de préserver les lierres et autres lianes (contrôle de la clématite dans certaines zones), si utiles et pourtant si souvent éradiquées.

Tous les travaux s'effectuent à la main (faux, croissant, cisailles, sécateur…) ou avec des petits outils mécaniques (tronçonneuse et motofaucheuse).
Les animaux ne sont pas vermifugés. Nous les surveillons de près bien sûr, et nous comptons sur leur immunisation naturelle, la diversité de la végétation pour les vaches et des actions plus douces comme les graines de courges pour chien et chats. Cela permet à la population d'insectes coprophages de se maintenir et de se développer et par extension, une grande partie de la faune locale en bénéficie (oiseaux, chauves-souris…).

Placés dans un fond de vallon sec, les terrains connaissent un phénomène climatique local très affirmé. Les différences de températures entre le jour et la nuit sont accentuées : tendance à accumuler la chaleur dans la journée en période chaude, refroidissement important la nuit toute l'année, surtout par temps clair. Les gelées sont plus fortes et plus nombreuses qu'ailleurs. L'hiver, les températures descendent fréquemment au dessous de -15°C ! (-23°C en mars 2013 !) Ce microclimat explique sans doute la présence de certaines plantes telles que le Millepertuis douteux - Hypericum dubium ou l'Épiaire des Alpes - Stachys alpina. La nature et la compréhension de ce microclimat (submontagnard ?) reste à approfondir, tout comme son impact sur la flore et la faune.

Peu touché par les dégradations de l'agriculture intensive et du monde moderne de façon plus générale, cet ensemble est un bel échantillon de nature qualifié à tort d'ordinaire. La surface concernée (7,50ha), la diversité des espèces et des milieux naturels, les espèces remarquables présentes, la tranquillité des lieux et le contexte écologique favorable font de cet espace un site naturel de premier ordre dans ce secteur.

Parmi les espèces animales présentes citons le muscardin, le hibou moyen-duc, une importante colonie de chardonnerets, la couleuvre à collier, le petit et le grand mars changeant, l'écaille chinée, la cétoine dorée, le demi-argus, la guêpe des buissons, le minautore typhée, de nombreux batraciens...

Parmi les plantes citons en vrac, la cardère velue, l'épiaire des marais, le millepertuis douteux, la lysimaque nummulaire, la succise des prés, la bétoine officinale, le sanicle d'Europe, la digitale jaune, le séséli libanotis, le dompte venin, l'orchis pyramidale, la gymnadénie à long éperon, la seslérie bleuâtre, l'herbe à l'esquinancie, la laîche printanière, la mélitte à feuilles de mélisse, l'épiaire des alpes, l'anthyllide vulnéraire...

Merci à tou-te-s celles & ceux qui nous soutiennent depuis le début (ou après) en achetant des produits saveur sauvage. Cela nous permet, bien sûr, de vivre de notre activité et au delà, de continuer à préserver ce petit coin de nature presque épargné par les activités de "l'homme moderne".