Les Frechon

Artistes talentueux: une affaire de famille

Pour cette découverte de Charles, Marius et Basile Frechon, pas de fiche classique, mais une reprise du superbe article d'Hortense Fleury à l'occasion de leur exposition à Pourville-Sur-Mer fin 2016.

Charles frechon: Le père

Charles Frechon, la précision au service de l'art
Charles Frechon, la précision au service de l'art

Depuis 32 ans, Charles Frechon dessine et peint ses observations de ce qui l’entoure. Il représente son environnement, et a, de surcroît, une inspiration se retranscrivant dans des toiles aux thèmes très variés.
Au travers de la visite, une certaine influence se ressent : tantôt flamande, tantôt impressionniste, parfois classique… Charles a plusieurs facettes à son pinceau. Une partie de ses œuvres exposées est un ensemble de dessins : « ses racines » confie Marius, son fils.
A l’instar de l’horloger, c’est avec une très grande précision et une patience à toute épreuve que le peintre dessine aujourd’hui. Ses armes ? Une loupe et un criterium.
La peinture n’est toutefois pas mise à l’écart puisque le pinceau est reprit à chaque bon sujet déniché. Sur toile, l’artiste parvient à représenter l’ombre et à capturer la lumière, à jouer avec les couleurs et à donner ainsi de la profondeur à chaque œuvre.


Basile Frechon: Le Benjamin

Basile en pleine activité et recherche.
Basile en pleine activité et recherche.

Dans un coin de la salle, on peut trouver un jeune homme qui dessine. Un autre artiste? C’est effectivement la fibre artistique qui règne au sein de la famille Frechon puisque c’est le plus jeune des frères, Basile, qui est venu accompagner son aîné Marius à Pourville. A 18 ans, Basile dessine des planches sur commande et créer des skateboards « sur-mesure ». Dessin, peinture, pyrogravure… Les planches crées sont toutes plus originales et personnelles les unes que les autres et nous vous invitons à apprécier le talent du benjamin sur Instagram et Pinterest.

Charles Frechon: L'ainé

Capio Première véritable réalisation, chêne. Marius.
Capio Première véritable réalisation, chêne. Marius.

L’œuvre de Marius Frechon ne s’étend pas sur les murs mais occupe de part en part l’espace de la pièce. En effet, à 23 ans, Marius est sculpteur sur bois autodidacte. C’est à Pourville, accompagné de son père, Charles Frechon (lui aussi présent en tant qu’artiste peintre) qu’il expose pour la première fois. Grâce à lui, Marius baigne dans l’art depuis toujours.
Si son premier amour est la musique « de garage », le jazz et le blues, c’est aujourd’hui, et depuis avril dernier, pour la sculpture que son cœur balance.

Découverte par hasard et que très récemment, c’est en cherchant un emploi manuel en extérieur (apparemment, une carrière de bûcheron avortée) que l’idée de la sculpture lui vint comme un « pourquoi pas ? ».

C’est en forêt que l’idée prend forme. Il ramasse un morceau de bois qu’il décide de tailler : c’est une sculpture mi maya mi île de Pâques qui en ressortira et qui confirmera l’envie et le potentiel de Marius.
Lui procurant autant de plaisir que de tenir une guitare dans les mains, cette nouvelle passion lui apporte calme et sérénité. Marius peut à présent vider son esprit, chose qui lui était impossible il y a quelques mois lors de sa période « garçon de café ».

De plus, il peut aujourd’hui littéralement « toucher » son art, contrairement à la musique, sensation qu’il apprécie beaucoup.
Marius, à la différence de son père qui travaille sur toile et papier, est plus à l’aide avec le volume. Son inspiration lui viens de son environnement qu’il enrichie au grès de son imagination : « c’est un peu comme regarder un nuage quand on est gamin », voir des formes, les interpréter et toujours les faire évoluer.
Utilisant toute sorte de bois (flottés trouvés sur les bords de mers, frêne, pin…), il souhaite porter une réflexion au spectateur, que ce dernier se pose des questions indépendamment de l’inspiration de l’artiste.

C’est tout de même une note positive que l’on retient de l’ensemble de ses créations, une réalisation inconsciente (qui reflète cependant bien l’artiste). L’Oeilulusse morfaluse en est l’illustration, un petit esprit qui se nourrirait de toutes les mauvaises choses, mais qui garde un air moqueur, qui reste positif et rieur. L’humour et l’originalité, parfois le surréalisme résument ses œuvres à travers le Référence (un remonteur de rêves) ou le De l’homme à l’oiseau.


Par Hortense Fleury