Abdelkarim Belkassem

La rencontre :

Abdelkarim Belkassem est un auteur qu'il me tardait de rencontrer, en effet cela faisait maintenant plusieurs années que je suivais tant l'écrivain que l'homme sur les réseaux sociaux, pour ses justes combats, son œuvre littéraire mais aussi son œil de citoyen du monde guéri. L'envie étant partagée, il ne restait plus qu'à trouver un moment, ce qui ne fut pas chose facile, tant la vie d'un écrivain est faite de travail, de voyages, de salons ... Finalement rendez-vous fut prit avec rouennais d'adoption le jeudi 05 avril 2018 dans la mâtiné. Quel bonheur, venu en compagnie de son épouse Violette Corfdir, inséparable complice, nous avons conversé des heures durant, de son travail d'écrivain, de celui tout aussi passionnant de musicien, de son parcours, de sa famille, nous avons échangé sur de nombreux sujets, qu'ils soient artistiques, politiques ou humanistes... sans voir le temps qui passe, et c'est après cinq heure de discussions vers 15h00 que nous nous sommes quittés, heureux de cette très belle rencontre humaine, avec la promesse de se revoir, mais aussi pour moi une folle envie de me plonger dans son dernier roman : Amina Zouri, hommage à sa mère, et ouvrage permettant de comprendre une époque, un peuple, sans doute la meilleure introduction à son univers.

En fait Abdelkarim Belkassem et Viollete Corfdir, vous réconcilient en peut de temps avec le genre humain,

prônant le partage, la découverte, la vie simplement.


La bio :

1 : Une enfance heureuse et différente

Abdelkarim BELKASSEM est né en 1963 à Safi au Maroc. Et dès son plus jeune âge, il fut bercé avec ses frères et sœurs aux contes populaires, racontés le soir, par sa grand-mère et sa mère, alors que son père travaillait de nuit en tant que gardien. Le début d'une très grande complicité avec sa mère, qu'il qualifie lui-même de "mère-poule", une femme simple, protectrice, aimante, et qui si elle n'a pas eu la chance de pouvoir apprendre à lire et à écrire, saura donc par

ces récits donner à notre auteur le gout des histoires, des mots, de la découverte et du partage.

 

De trois à cinq ans il fréquentera l'école coranique local ou il apprendra à lire (contrairement à une idée rependue cette école ne traite pas que de religion, bien au contraire, on y découvre la lecture, les mathématiques, l'éducation civique... un passage classique pour tous les enfants du pays qui le peuvent). Cette école, les récits familiaux mais aussi les conteurs de rue, lui donneront l'envie non seulement de lire, mais aussi d'écrire. Parallèlement à ce gout assez inhabituellement précoce pour les mots, le jeune enfant s'occupe des moutons de la famille, développant un lien important avec la nature, et une certaine sagesse inhérente au berger.

 

Mais n'allez pas croire, qu'il n'avait pas de contact avec la vie "moderne" ou avec le monde extérieur, bien au contraire, Safi étant à cette époque le premier port de pèche africain et disposant d'un aéroport, notre jeune Abdelkarim se prend à rêver, et fait déjà preuve d'une très grande imagination et d'une grande envie de découverte. A sept ans il commence l'école public (à Jerifat), et tout juste un an après, une anecdote surprenante et qui s'avèrera prémonitoire à lieu :

Un vieux monsieur voisin de la maison familiale chez qui il va chercher le lait, dira à sa mère "ton fils deviendra un savant", il avait décelé chez le jeune enfant une volonté de s'en sortir et de poursuivre ses études, un enfant différent

en somme ... Cette volonté et cette différence, feront la fierté de sa maman.

2 : Études, arts,  une vie de jeune homme bien chargée

Son enfance se poursuit paisiblement, jusqu'à son entrée au collège, et la curieusement, ce n'est pas l'écriture qui sera sa première pratique artistique mais la musique, au sein du Conservatoire de Safi. Très vite il y prend gout, et développe un talent évident, tant dans le chant que dans la pratique du Oud et d'autres instruments. Seul ombre au tableau,

il refuse d'être mis dans une case, de devoir choisir un genre entre la musique Arabo-andalouse et des chants plus traditionnels, lui se moque de ces "cases", il n'a qu'une envie, apprendre sans limite, il continuera tout de même

le conservatoire jusqu'à la fin du lycée, faisant le bonheur du public lors de divers représentations. Lycée ou justement

il fera ses débuts dans l'écriture, par des poèmes en langue Arabe, tout en appliquant la devise "Mens sana in corpore sano", puisqu'il pratiquera aussi à un bon niveau de nombreux sports ( athlétisme, rugby, équitation...).

 

Après le lycée, direction la faculté pour une licence en littérature Arabe, tout en poursuivant la musique, ayant la chance d'avoir comme professeur d'oud le grand musicien Azzedine Montassir. Cette double casquette littéraire

et musicale ne le quittera plus jusqu'à aujourd'hui. Mais est-ce suffisant pour ce jeune homme plein de fougue et au cerveau en ébullition ? Évidement la réponse est non, et pour sa thèse il choisira un sujet bien plus vaste, étudiant

les mythes par une approche structurale, prenant ses influences en Claude Lévi-Strauss, et bluffant ses professeurs le jour de la présentation, un premier succès, qui loin de le combler, ne fera que développer cette soif de savoir et de travail. En 1993 il fera ses débuts en tant que professeur de littérature Arabe et d’éducation islamique en second cycle dans un lycée marocain de Safi . Tout en donnant des cours de musique dans les écoles primaires, pour aider sa famille

et partager cette autre passion.

3 : Une belle rencontre et direction la France...

Sa vie aurait pu se poursuivre au Maroc, mais alors qu'il se perfectionne en informatique et surtout en langue française sur internet, il rencontre sur un forum linguistique celle qui deviendra son épouse, Violette Corfdir, une française travaillant au suivit psychologique des enfants et familles en France.

Au départ il ne s'agit que d'échanges culturels, Violette ira une première fois découvrir le Maroc, avant un deuxième séjour, qui transformera cette passion commune pour la culture en amour fusionnel. Ne pouvant se passer l'un de l'autre, ils décident de se marier, et en 2004 viennent en France, pour le meilleur. Abdelkarim Belkassem fera de nombreux concerts en tant que musicien d'oud dans un orchestre réputé, et ténor en chant arabe et oriental, et surtout il commencera réellement à écrire, encouragé par son épouse, se mettant en disponibilité de l'enseignement,

il passera le plus clair de son temps à se documenter, écrire sans cesse....

4 : De son premier livre édité à maintenant

...Ce boulimique de travail aura la chance d'un premier roman édité assez rapidement, "Deux chats et les hommes",

en 2015 aux éditions Bellier, roman qui recevra un accueil plus que chaleureux, et qui déjà nous dévoile une chose qui

 ne le quittera jamais dans ses écrits : Au delà de l'aspect romancé de son œuvre, Abdelkarim Belkassem nous amène toujours à nous questionner (Qui est la bête entre le chat et l'homme...), à réfléchir et tente de faire sortir le meilleur de nous-même. Suite à ce premier succès, un deuxième éditeur intéressera à lui (thot), lui permettant de s'essayer à un autre genre littéraire qu'il aime, le polar avec "La Bête et le Boss", la encore la réflexion est de mise, le style littéraire vraiment intéressant,  et comme dans chacun de ses ouvrages, il ouvre un large pont avec sa vie, les lieux qu'il aime,

des souvenirs (En l’occurrence notre belle Normandie). Chacun de ses livres dévoile une part de sa vie, même

si ce n'est pas l'objectif, Abdelkarim Belkassem, souhaitant simplement nous amener à prendre possession de ses récits, à les vivre, bien plus que simplement les lire.

 

Cela sera d'autant plus vrai avec les deux autres ouvrages déjà sortis à ce jour, "La Marche des Harraga" et le dernier "Amina Zouri" entre témoignage romancé de réalités de la vie marocaine, enquête ethnologique, et une nouvelle fois, une réflexion sur l'humain en général, ainsi que sur nous-même. La suite me direz vous ? Une dizaine de romans sont déjà écrits et ne demande qu'à sortir, on y retrouve toujours un certain coté professoral, ou éducateur dans le sens noble du terme, puisque notre auteur, ne peut écrire sans expliquer des situations, des comportements, ou provoquer

la réflexion comme nous l'évoquions plus haut, et ce pour notre plus grand bonheur. S'il a mis légèrement de coté

la pratique musicale, c'est pour mieux se concentrer sur l'écriture qui au fil des romans est de plus en plus musical

(on ne chasse pas le naturel !), et il prévoit déjà d'autres livres... Un insatiable on vous dit !


Les résumés officiels de ses romans :

Deux chats et des hommes (Éditions Bellier)

Cavalier, Abdelkarim Belkassem aime les chevaux tout autant que ses chats, les hérissons et les oiseaux de son jardin. Ce roman met en scène des animaux familiers dans leurs relations avec les hommes.
Et surtout celles des hommes avec eux. Les privilèges accordés aux amis de la maison et du jardin mettent en relief ceux qui manquent entre les hommes. Si seulement nous avions autant de tendresse entre nous qu'envers Fiston, Fifille et le hérisson... comme le monde serait apaisé !

La Bête et le Boss (Éditions Thot)

En Normandie, une série de meurtres trouble la quiétude des berges de la Seine. Un premier corps est découvert, rapidement suivi de deux autres : des hommes mutilés et tués par balle ou par arme blanche sont retrouvés

dans un même secteur boisé, en bordure de la Seine. S'agit-il de rituels religieux, comme l'évoquent les riverains ?

Ou de règlements de comptes de la Mafia qui sévit actuellement à Rouen ? Mais les indices, loin d'aider les enquêteurs, orientent l'affaire vers une piste surnaturelle ! Lorsqu'un nouveau corps est retrouvé, le procureur nomme le commissaire Bilal Pantouf pour diriger l'enquête.
Ces meurtres, qui font écho à des cas qu'il a connus lors de ses débuts dans la police, mettent ses compétences

à rude épreuve, d'autant qu'un mystérieux individu tente de ralentir l'enquête par tous les moyens. Fausses pistes

et rencontres étranges parsèment l'enquête du commissaire Pantouf et l'entraînent le long des boucles de la Seine.

La marche des Harraga (Éditions Thot)

Trois harraga marocains de Safi, "brûleurs de frontières" comme tant d'autres autour d'eux, se décident à prendre la route vers le nord de l'Europe. Leur vie - et les petits boulots au jour le jour, malgré des études supérieures -

les désespèrent. Aucune perspective d'avenir. Saad, Nann et Jamal n'ont qu'une idée en tête : réussir, partir vers un avenir heureux et prospère. Leur marche, aux multiples péripéties africaines et européennes, dévoile le quotidien hasardeux d'un long voyage sans argent où le rêve est le moteur de chaque pas. Vivre ou survivre ? Leurs efforts pour traverser le détroit de Gibraltar après le cheminement de Safi à Tanger sont inhumains et hors du commun. L'Europe ? De l'Espagne à la France, vers l'Angleterre... un havre de paix ou un nouvel enfer ?

Amina Zouri (Éditions Thot)

Amina Zouri ne raconte pas seulement la vie d'une femme, c'est également le portrait d'un Maroc dont on parle peu, celui du quoti dien d'une famille pas tout à fait comme les autres, depuis les années 1900 jusqu'à nos jours. Amina Zouri n'est pas qu'une biographie, c'est presque une enquête ethnologique qui, à travers les yeux d'une femme, retrace l'histoire d'une famille de Chourafa, les descendants du Prophète. Amina Zouri est l'hommage d'un fils, mais aussi un témoignage romancé et bigarré de la vie populaire marocaine, arabe et berbère.


Abdelkarim Belkassem sur la toile :

Pour vous procurer ses œuvres : https://www.decitre.fr/auteur/3210545/Abdelkarim+Belkassem

Son blog : http://plumeetkalam.canalblog.com

Youtube pour découvrir son travail, sa vie et sa musique aussi : https://www.youtube.com/user/Bakrim76/

Éditions Thot : http://editionsthot.com/editions-thot/nos-auteurs/abdelkarim-belkassem

Éditions Bellier : http://www.editionbellier.fr