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Incendie Lubrizol : Les infos utiles sur les analyses, le point sur l'enquête..

Essayer de comprendre...

Cela fait déjà une semaine que l'incendie du site Lubrizol de Rouen s'est déclaré, et la population est toujours dans le flou le plus complet.  Quoi faire ? Ou ne pas faire ? Que penser des messages officiels "rassurants", des avis  contraires des scientifiques, intervenants sur le site et habitants ?  Pour nous il s'agit du troisième article sur le sujet, présenté un peu comme une revue de presse, pour essayer de comprendre les dernières informations sur les analyses, sur la mobilisation et sur l'enquête. Bien sur dès que nous aurons d'autres informations, un nouvel article verra le jour.

 

NDLR : Pour nous, nul intention d'affoler ou à l'inverse de rassurer, juste l'envie comme tout le monde, de savoir, savoir ce qui nous attend, nous habitants des secteurs concernés, savoir aussi ce qui attend les terres et cultures et savoir ou en est l'enquête !

 

Pour celles et ceux qui le souhaitent, n'hésitez pas à faire un tour dans nos autres articles sur le sujet :

Incendie de l'usine Lubrizol : contexte, bilan et témoignages et Incendie Lubrizol : 2ème bilan et reportage sur le site

La mobilisation citoyenne s’accélère :

La mobilisation des citoyens pour savoir ce qui s'est vraiment passé ainsi que les conséquences réelles à court et long terme, se poursuit, les collectifs grandissent (plus de 20 000 personnes dans "Le Collectif Lubrizol") , les forces convergent et sans tomber dans la psychose, chacun tente d'apporter ce qu'il peut.

 

Les avocats de Rouen par exemple se sont rassemblés  : "Nous allons créer un groupe d’avocats volontaires pour traiter le sujet et répondre aux attentes des plaignants. On va mettre en place une permanence gratuite et bénévole* pour ceux qui s’estiment impactés et qui ont des questions. C’est du travail de long terme avec des problématiques qui s’inscrivent dans la durée, sur des mois. On fera le bilan dans un an. » « Pour le moment, ajoute le bâtonnier, je conseille à ceux qui le souhaitent, agriculteurs, professionnels, particuliers, de préserver les preuves de l’existence d’un préjudice pour en justifier et le quantifier." dit le Batonnier   Me Guillaume Bestaux dans les pages de Paris-Normandie. Les consultations gratuites ont lieu les jeudis 3, vendredi 4, lundi 7 et mercredi 9 octobre de 8 h 30 à 13 h, à la Maison de l’avocat, 6 allée Eugène-Delacroix à Rouen.

 

Les maires et autres acteurs de la politique locale, eux aussi ont lancé  un appel au gouvernement pour demander ce qui parait un minimum :

- La transparence

- Un suivi médical

- La reconnaissance de l'état de catastrophe technologique

- La réparation rapide des dommages causés à l'environnement

Il y a déjà plus d'une centaine de signataires de tous les horizons politiques (nous vous proposons cet appel, dans sa version complète sous ce texte, cliquez sur les images pour les agrandir).

Les syndicats de travailleurs sont également mobilisés, étant donné les nombreuses professions touchées de plein fouet par la catastrophe. Ils soutiennent les salariés dans leurs démarches s'ils semblent touchés par la pollution, participent aux manifestations avec tout l'apport logistique et l'expérience qu'ils ont dans le domaine, ils informent également les salariés des possibilités de droit de retrait...

 

Mardi soir c'était ensemble que les citoyens, avocats, syndicats et politiques concernés, ont défilé à Rouen.

D'après notre correspondant Alain Jobert, il y avait environ 3000 personnes, plus motivées que jamais !

Si la convergence est quasi totale, c'est qu'à l'heure actuelle, la population est toujours plongée dans l'incertitude, avec des séries d'infos "officielles" qui sont souvent contredites par des scientifiques, des analyses partielles et qui ne cherchent pas les bon polluants, sans oublier le silence quasi total des dirigeants du site incriminé. Dur dans ces conditions de ne pas imaginer le pire, et pourtant il y a aussi des infos confirmées qui sont "plutôt" positives, comme les analyses de l'eau potable, qui nous le rappelons, est tout à fait buvable pour le moment, les nappes phréatiques n'ayant pas été touchées, et  puis les bouteilles amènent elles aussi leur lot de polluants, mais c'est un autre débat... Pour le reste, rien, si ce n'est des listes de produits chimiques inquiétantes, des témoignages des pompiers et autres forces de secours, ainsi que des habitants, qui sont pour le moins alarmants ( comme nous l'avons vu dans nos précédents articles..). Voila pourquoi nous avons voulu dans la seconde partie de cet article rassembler les dernières informations sures et vérifiées sur le sujet.

Les dernières analyses décortiquées :

Ce mardi 01 octobre la Préfecture de Seine-Maritime a publié la liste des produits chimiques stockés à l'usine Lubrizol de Rouen.

Une liste qui parait bien abstraite pour le citoyen lambda comme vous et moi, voila pourquoi nous avons cherché à en savoir plus, et épluché les analyses des scientifiques, les articles des divers médias spécialisés et généralistes,... car force est de reconnaitre une certaine honnêteté à Agnès Buzyn qui a avoué mercredi, à propos des substances qui se sont consumées, que « personne » ne savait aujourd’hui « ce que donnent ces produits mélangés quand ils brûlent ». contrairement aux messages rassurants du préfet à ce sujet. Malgré tout il y a quelques certitudes, que nous vous communiquons ci-dessous :

Sur le distillat du pétrole :

Sciences et Avenir nous permet déjà d'y voir un peu plus clair et de déceler déjà un premier sujet d’inquiétude complétement oublié par certains, le distillat de  pétrole, dont on apprend qu'il peut être mortel et provoquer des cancers :

 

En tout, 5.253 tonnes de produits chimiques ont été détruits, parmi lesquels plus de 60 % d'"additifs multi-usages". "Tous les produits ne sont pas dangereux. La dangerosité dépend de la quantité présente, du devenir des molécules après avoir brûlé et de la manière dont on est exposé [contact cutané, inhalation, ingestion]", explique la Préfecture.

 

"La majeure partie des produits présents sur place sont des produits finis, des additifs pour les huiles. Une partie moins importante sont des matières premières utilisés pour la conception de ces produits", raconte Lionel Martio, délégué fédéral du syndicat CFE-CFDT Chimie-Energie. "Nous même demandons la transparence la plus totale sur les substances exactes mentionnées dans cette liste car un produit chimique mélangé à l'air, à l'eau ou à un autre produit chimique entraîne forcément une réaction."

 

Parmi les substances présentes dans les quantités les plus importantes à l'usine Lubrizol figurent trois types de distillat de pétrole, fraction naphténique légère, hydrotraitée ("Distillates (petroleum), hydrotreated light naphthenic" en anglais dans le document). En tout, 257.894 kilos de cette substance étaient présents dans l'entrepôt, selon les données de l'exploitant. Or, le distillat de pétrole est associé à la classe de danger H 304, ce qui signifie qu'il "peut-être mortel en cas d'ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires", selon l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris). L'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ajoute qu'il peut provoquer le cancer.

Sur la sécurisation des fûts de produits toxiques :

Pour le problème des fûts endommagés par l'incendie, une procédure est mise en place, mais rappelons que les pompiers eux, étaient au contact dès les premières heures, pour empêcher que les substances chimiques n'arrivent à ébullition et donc que lie pire se produise... Voila  ce que dit la préfecture sur la procédure  mise en place ce mardi : 

 

"Pour enlever des fûts altérés par l’incendie, l’entreprise Lubrizol a fait appel à un spécialiste de l’élimination des déchets industriels, qui s’est rendu sur place en début d’après-midi. Une proposition de dispositif d’élimination a été établie. Sur la base de ces résultats, l’exploitant doit soumettre aujourd’hui ce protocole pour validation à l’inspection des installations classées qui le proposera après examen à la signature du préfet.

 

Elle comporte les éléments suivants :

- installation d’une tente fermée de 55 m sur 25 m sur la zone contenant les fûts endommagés ;

- la tente sera mise en dépression afin que les flux d’air soient dirigés vers l’intérieur ;

- l’ensemble de la tente sera relié au dispositif pérenne dont est équipé le site pour l’élimination des émissions de mercaptan et d’hydrogène sulfuré ;

- les opérations de manipulation des fûts seront effectuées sous la tente, notamment en déplaçant les fûts dans une benne appropriée en les manipulant à l’aide d’une pelle à pinces ;

-des brumisateurs d’eau seront installés autour de la tente pour intercepter les éventuelles molécules odorantes résiduelles.

 

Dès lundi, l’Ineris a apporté son expertise sur le sujet afin de conseiller l’exploitant et l’inspection des installations classées dans l’élaboration de ce protocole de traitement des fûts endommagés.

Le préfet de la Seine-Maritime a signé le protocole d’engagement des opérations ce jour 1er octobre."

Sur le plomb présent dans les suies :

Les premiers résultats d'analyses rapportent également la présence plomb dans les suies retombées, pour le moment impossible d'en certifier la source, car théoriquement Lubrizol n'en utilise pas, on peut donc supposer qu'il s'agit d'une pollution "plus habituelle et urbaine" du secteur, ce qui pose d'autres questions sur la pollution de l'agglomération rouennaise... Les conséquences en attendant d'autres analyses sont comme le rappel Paris-Normandie :

 

"En attendant, la préfecture invitent les citoyens à suivre les recommandations émises depuis plusieurs jours : « Éviter de manipuler ces suies et si nécessaire, le faire avec des gants de ménage, qu'il faut ensuite jeter puis se laver les mains au savon ».

 

Les collectivités locales, elles, doivent « laver à grandes eaux et en portant des protections » toutes les zones qui ont été exposées à ces suies. Enfin, les agriculteurs doivent suspendre leurs récoltes et consigner les produits récoltés - ainsi que le lait, les oeufs ou le miel collectés - depuis l'incendie."

Sur le taux de dioxines dans l'air :

Les analyses ont également permis de chiffrer le taux de dioxines dans l'air, un taux rassurant pour certains, inquiétant pour d'autres...

Entre 0,04 et 0,20 nanogrammes d'équivalent dioxines par mètre carré. Des niveaux proches de la "pollution de fond", mesurée à 0,06 nanogramme. Proches, mais parfois tout de même plus de 3 fois supérieurs à la norme, ce qui inquiète certains spécialistes, " les dioxines restent longtemps dans l’organisme humain et peuvent avoir une toxicité élevée sur le long terme. Ces polluants peuvent entraîner diverses pathologies comme des cancers,  notamment du sein pour les femmes, et des problèmes au niveau du système immunitaire", explique à BFMTV  Laurence Labat, biologiste et toxicologue.

Ce 1er octobre fut aussi le jour ou les résultats concernant l'amiante ont été rendus publics, comme nous vous avons déjà parlé du problème de l'amiante dans les précédents articles, nous vous proposons le texte de la préfecture, qui nous explique qu'il n'y a à priori pas de problème dans l'air, mais qu'il faut faire très attention aux fragments projetés, parfois très loin :

 

"Les premiers résultats d’analyse relatifs aux prélèvements d’amiante vendredi ont été reçus ce matin mardi 1er octobre.

D’autres résultats seront prochainement disponibles pour les prélèvements postérieurs. Les résultats de prélèvements dans l’air n’ont révélé que des concentrations en fibre inférieures à 3 fibres par litre d’air, étant précisé que la recherche d’amiante dans les bâtiments s’effectue dans le cadre d’une réglementation fixant le seuil à 5 fibres par litre d’air. Pour les prélèvements sur les surfaces, aucune fibre d’amiante n’est détectée. Il n’y a donc pas d’anomalie en l’espèce. Un expert de l’Ineris s’est rendu sur site durant la journée de lundi. Cet expert y a effectué des constats sur l’état réel des toitures en fibro-ciment qui ont été l’objet du sinistre. Ces investigations ont porté à la fois sur les toitures du site Lubrizol ainsi que sur le site Normandie Logistique.

 

Le constat montre que le mode d’impact ayant conduit à une projection extérieure de ces toitures a été mécanique, lié à l’explosion des fûts. Cela signifie, en adéquation avec les résultats des prélèvements de Lubrizol analysés par le bureau d’études indépendant agréé, que le risque de diffusion de fibres d’amiante n’est pas avéré. Des fragments de toiture en fibrociment impactés par le sinistre, se retrouvent aux environs du site et parfois à une distance significative. Ces fragments devront être éliminés par des entreprises spécialisées.

La consigne passée aux riverains identifiant un fragment de toiture en fibrociment sur leur propriété est de ne pas le manipuler.

Un dispositif spécifique d'élimination de ces fragments est en cours d'élaboration et sera communiqué ultérieurement."

Les causes de l'incendie : Enquête en cours

Cette enquête peut paraitre aux yeux de certains secondaire face au désastre écologique et sanitaire, et pourtant il  est plus que primordiale de découvrir les causes de l'incendie, et ce pour deux raisons : d'une part déterminer les responsabilités et erreurs des uns et des autres pour éviter que cela se reproduise, d'autre part car déterminer le coupable et les causes, c'est aussi enclencher tous les processus permettant les indemnisations des victimes, entre autre.

La plainte de Lubrizol :

A ce jeu des responsabilités , les dirigeants de Lubrizol ont très rapidement porté plainte contre X pour un départ de feu qui serait extérieur au site, provoqué par un homme aperçu de témoins et de la vidéo-surveillance.

Mais à ce jour et selon le journal Le Monde " rien ne permet pour l’instant de confirmer ces propos. Sur certaines images, une silhouette apparaîtrait à proximité de l’usine, à l’extérieur de l’enceinte, à un horaire à peu près concomitant avec le départ du feu, mais sans que cela soit suffisant, à ce stade, pour établir un lien avec l’incendie. Toujours selon nos informations, les témoins oculaires évoqués par la direction de Lubrizol n’ont pas pu, pour l’heure, être retrouvés et entendus." Des témoins introuvables, une silhouette mystérieuse...  voila ce qui fait la défense de cette entreprise !

Le point sur l'enquête :

Pendant ce temps la justice elle enquête depuis le 28 septembre, au départ prévue simplement pour déterminer les causes, s'est vu ajouter le chef d'inculpation suivant  : « mise en danger d’autrui » suite aux plaintes de nombreux particuliers.

Toujours selon Le Monde : "Mardi 1er octobre, le parquet de Rouen a annoncé se dessaisir de l’enquête au profit du pôle de santé publique et environnement du parquet de Paris, en raison « de l’importance du sinistre survenu sur un site classé Seveso, du nombre de plaintes déposées et de la complexité des investigations ». L’enquête est menée par le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) et l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN)."


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