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Incendie Lubrizol : 2ème bilan et reportage sur le site

Catastrophe Lubrizol : 2ème bilan

Nous pensions au départ mettre à jour le premier article au fur et à mesure des informations, mais il y a tellement de choses à dire, que nous avons préféré vous proposer un nouvel article dans lequel vous retrouverez un point complet sur les différentes pollutions, le trajet du nuage, toutes les photos de notre correspondant local présent sur le site ce week-end, ainsi qu'un point sur les différentes actions citoyennes qui sont menées depuis la catastrophe.

Des citoyens solidaires et en quête de vérité

Immédiatement après la catastrophe, un élan de solidarité important à fait jour.

Des collectifs et groupes Facebook se sont créés pour héberger les habitants des secteurs ou il devenait impossible de rester et dormir,  mais aussi pour aider de quelque manière que ce soit ( garde d'enfants, transport d'eau en bouteilles pour des personnes âgées isolées..).

Puis dans les jours suivants le drame, les citoyens ont très naturellement voulu en savoir plus, avoir des informations vérifiées et plus seulement les déclarations de la préfecture et des divers "officiels" envoyés au front parfois sans aucune caution scientifique, hors nous parlons ici d'une catastrophe industrielle et chimique, donc aucune déclaration ne pourra remplacer des études scientifiques et des analyses complètes. Voila pourquoi, la aussi les habitants se sont rassemblés en collectifs, proposent des pétitions et divers actions avec trois objectifs très concrets et légitimes :

- Faire la lumière sur la réalité de la pollution, son impact sur l'Homme et sur la nature.

- Faire condamner les responsables de ce désastre, et donc que la justice soit libre et ai les moyens d'agir.

- Faire en sorte qu'il n'y ai plus  jamais un autre "Lubrizol", ce qui implique un plus grand contrôle des sites seveso, des condamnations systématiques des contrevenants aux normes de sécurité et enfin la fin des sites si proches des zones d'habitations.

 

Citons par exemple le Collectif Lubrizol, dont voici le groupe Facebook : https://www.facebook.com/groups/717847215379841/ et qui réunit déjà plus de 15000 membres.

Voici leur présentation : "Face à une incompréhension et un manque total d’informations de la part de nos institutions et du groupe Lubrizol, nous dénonçons le manque de prise en charge de la population, l’extrême négligence et la mise en danger de la vie d’autrui.

Notre collectif souhaite faire la lumière sur cette catastrophe sanitaire, sociale, écologique, d'ampleur nationale qui s’est déroulée le jeudi 26 septembre à 2H45, 25 Quai de France, 76000 Rouen. Nous activerons tous les recours juridiques possibles à l'encontre de l'usine Lubrizol, demanderons !a réparation de nos préjudices et la mise en place d'un plan de suivi sanitaire à long terme. Le collectif Lubrizol."   Adresse mail : victimesdelubrizoles@protonmail.com

 

Et pour les hébergements, le groupe :  Propositions et demandes d'hébergement pour les habitants de Rouen, qui réunit  plus de 4000 membres et dont voici le Facebook https://www.facebook.com/groups/1836972196447991/

 

Enfin, il faut signaler que policiers, pompiers, enseignants, médecins.. et nombres d'autres professions s'inquiètent par le biais de leurs représentants du manque d'information et souvent rejoignent les actions citoyennes.

Qu'en est-il de la pollution atmosphérique ?

Vendredi la  préfecture a publié  les premiers résultats d'analyses de la qualité de l'air depuis le drame. 

Des résultats "rassurants" que nous vous communiquons, mais il faut savoir que de l'avis de beaucoup, on ne recherche pas forcément les bons polluants « On n'y voit que des polluants atmosphériques classiques, du dioxyde d'azote (NO2), du dioxyde de soufre (SO2), alors qu'on parle d'un accident industriel, décrypte Olivier Blond, président de l'association Respire, spécialiste de la qualité de l'air. Les autorités n'ont pas cherché les bons polluants, probablement faute de détecteur adapté ».  Le président de l'ONG Robin des Bois lui exige avec son association, que le préfet oblige l'entreprise Lubrizol, « à faire des analyses dans la trajectoire du panache de fumées toxiques ».

A cela il faut ajouter les résultats pas encore arrivés concernant l'amiante , dont la présence ne fait aucun doute  à la vue des toits partis en fumée, et des inquiétudes  d'un colonel des Sapeurs Pompiers de Paris auprès de notre correspondant local : "les tôle en fibrociment contenant de l'amiante sont une grande source d'inquiétude..."

 

Pour des raisons  personnelles, je me suis rendu deux fois à la Gare de Rouen, une première fois vendredi en fin de journée, et j'ai manqué de faire un malaise, j'ai eu la gorge prise, des sueurs, la tête qui tourne etc... et si hier (dimanche) l'odeur était plus supportable, elle était bien bien présente tout de même. Sur mes deux passages l'odeur en question était sans aucun doute possible celles des hydrocarbures, pas du mercaptan, mais quand on sait, et nous l'avions démontré dans l'article précédent, que même à un degré ou on ne le sent pas il peut être extrêmement toxique, dur de se rassurer...

 

Enfin, (source FranceTv.info)  les pompiers s'inquiètent "d'un mystérieux gaz jaune :

Un pompier de Rouen (Seine-Maritime) indique que nombre de soldats du feu seraient victimes de symptômes tels des nausées ou des diarrhées après l'inhalation des gaz en combustion lors de l'incendie de l'usine Lubrizol.
"On avait juste des protections en papier. On ne trouve pas ça normal. C’était à nous d'estimer utile ou pas de l'avoir sur le visage. Maintenant, il y en a qui ne l'avait pas du tout pendant une bonne partie de l'intervention. Aujourd'hui, on a tous des maux de gorge, des diarrhées, des vomissements, la langue qui pique. Si la protection avait été efficace, on n'aurait pas eu tant de conséquences sur la santé et ce n’est rien par rapport à de possibles futurs cancers qui pourraient se développer".

Il s'interroge encore sur des émanations de gaz de couleur jaune, la liste de produits dangereux n'ayant toujours pas été communiquée.

 

!! Ci-dessous il s'agit du communiqué de la préfecture, pas de notre avis personnel, ni du résultat de nos enquêtes, elles-aussi toujours en cours...!!

 

1) Air

Les pompiers ont prélevé des gaz sur le site Lubrizol et autour de celui-ci le 26/09/19 pendant l’incendie. Ces gaz ont été analysés. Les résultats sur les composés organiques volatils sont tous inférieurs au seuil de quantification (quantité trop faible pour être mesurée) et font apparaître un état habituel de la qualité de l’air sur le plan sanitaire à l’exception de la mesure effectuée sur le site de Lubrizol pour ce qui concerne le benzène.

Atmo Normandie a effectué des analyses en continu dont les résultats sont disponibles sur son site internet : www.atmonormandie.fr (onglet «mesures »). Comme son réseau de mesure permanent localisé dans l’agglomération de Rouen n’était pas dans le panache de fumée, Atmo Normandie a installé jeudi 26/09 en début d’après-midi des moyens de mesure complémentaires en les positionnant sous la trajectoire des vents. En parallèle, 6 collecteurs de retombées atmosphériques ont été positionnés dans des communes sous le panache.

Indépendamment de la qualité de l’air, une odeur persistante demeure.

 

2) Suies

Une première série de 6 prélèvements de surface ont été effectués le 26.09 durant la journée dont un prélèvement témoin situé hors du panache. Les résultats d’analyses ne mettent pas en évidence de différences significatives entre le prélèvement témoin et les 5 autres sites situés sous le panache pour les HAP (hydrocarbures aromatique polycycliques). 

Les résultats sur les métaux ne mettent pas en évidence d’impact sous le panache.

Le nettoyage des suies est à réaliser en suivant le protocole défini par l’ARS.

Une deuxième série de prélèvements du même type a été réalisée par le bureau d’études le 26 septembre après-midi.

Les analyses sur HAP confirment celles effectuées par le SDIS et ne mettent pas en évidence de teneurs différentes du prélèvement témoin.

Les prélèvements réalisés notamment sur les voiries et sur des sites extérieurs mettent en évidence des teneurs en métaux pouvant être plus élevées, dans certains secteurs en proximité du site ou sous les vents. 

Il s’agit du plomb, pour lequel une valeur maximale de 2230 µg/m2 a été relevée sur la gare maritime. 2 valeurs proches de 1000ug/ m2 sur des prélèvements extérieurs en proximité de voirie ( grille et conteneur à verre) et susceptible de relever d’une source historique.

Il n’y a pas de seuil réglementaire et de valeurs de références sanitaires concernant la présence de plomb dans les poussières déposées sur la voirie. Toutefois, il n’y avait pas de plomb sur le site. Les valeurs observées sont cohérentes avec celles qui peuvent être rencontrées en milieu urbain et par conséquent il n’est a priori pas possible d’attribuer l’origine de ces valeurs à l’événement.

Certaines mesures sont attendues en début de semaine et seront communiquées dès réception.

 

3) L’amiante

Il est confirmé la présence d'amiante dans la toiture des bâtiments qui ont brûlé. Il s’agit d’un sujet identifié qui est suivi tant pour la protection des travailleurs et sapeurs-pompiers que des riverains. Un programme de mesures de fibres dans l'air a été engagé dans le site et dans un rayon de 300 mètres. Des premiers résultats seront disponibles à compter de mardi. Des analyses complémentaires seront également menées au-delà des 300 mètres. Le retour d'expérience sur ce genre de sinistre, notamment récemment au sein de l'entreprise SAIPOL, montre que le risque de dispersion de fibre est limité par l'effondrement rapide de la toiture.

III - Analyses complémentaires à suivre

 

Tous les résultats ne sont pas actuellement disponibles. Certaines mesures demandant un temps d'analyse long seront mises en ligne dès leur réception. Ces premiers prélèvements seront naturellement complétés par d'autres dispositifs en cours ou à venir (en particulier en milieu agricole).

Réouverture des établissements scolaires

Dimanche à 18h30 le Rectorat à fait la communication suivante :

 

"Toutes les écoles, collèges et lycées publics et privés sous contrat du département de la Seine-Maritime seront ouverts demain lundi 30 septembre à l'issue des opérations de contrôle ou, pour les établissements souillées, des opérations de nettoyage.

Les informations recueillies auprès de tous les sites scolaires ont permis de vérifier que l’ensemble des collectivités territoriales de rattachement (Communes, Département, Région) ou acteurs privés ont, pour les établissements concernés, bien effectué les nettoyages recommandés dans le cadre du protocole de l’Agence Régionale de Santé.

 La vérification des informations sur la situation des derniers sites a été réalisée au cours de l’après-midi.

 A 14 heures, 25 écoles devaient encore faire l’objet de vérifications.

 A cette heure, tous les sites scolaires seront en mesure d’accueillir les élèves lundi matin."

 

Mais ce lundi de nombreux parents, surtout sur les zones directement touchées par le nuage ont refusé que leurs enfants se rendent dans leurs établissements, des enseignants ont eux, exercé leur droit de retrait.  Pourquoi ? Simplement car l'odeur est souvent encore très présente mais aussi parce que les garanties d'un "nettoyage réel et total" des polluants paraissent insuffisantes aux yeux de beaucoup.

Un point sur les zones touchées par la pollution

Si le secteur nord de l'agglomération rouennaise est bien le plus touché par les diverses pollutions et odeurs nauséabondes, il ne faudrait surtout pas oublier que ce sont toutes les zones traversées par l'énorme nuage de fumée noir qui sont en vérité concernées. Et après avoir traversé la Seine-Maritime, les Hauts-de-France et la Belgique jeudi, le nuage à été constaté aux Pays-Bas. Dans ces deux pays les autorités se veulent rassurantes : " les concentrations en particules fines qui ont pu parvenir en Wallonie sont très faibles », et « la qualité de l'air reste donc bonne à l'heure actuelle ", mais dans la province du Hainaut, qui est proche de la frontière française, des habitants ont constaté des traces de suie. Ci-dessous les deux cartes fiables et sourcées (Préfectures) que nous avons pu vérifier (Mais il est évident que la pollution ne s'arrête pas aux limites de villes et de départements, n'hésitez pas à signaler toute trace de suie, pollution  ou symptômes que vous constateriez dans les secteurs concernés, mais également à proximité !) :

Et la qualité de l'eau sur l'agglo rouennaise ?

Voila également une grande source d’inquiétude pour nous tou(te)s  habitants et travailleurs de l'agglomération rouennaise, d'autant que l'on entend tout et son contraire sur les réseaux sociaux. A ce stade  la Métropole Rouen Normandie à communiqué  ceci :

 

"Les analyses menées par l’Agence Régionale de Santé confirment que l’eau est potable sur le territoire métropolitain

 Suite à l’incendie de l’usine de Lubrizol et aux dégagements de fumées, la Métropole Rouen Normandie sous couvert de l’Agence Régionale de Santé a procédé immédiatement à des mesures, complémentaires des analyses quotidiennes habituelles. Les réservoirs d’eau potable de la Métropole de la rive nord, sur laquelle s’est concentré le panache de fumée, ont tous été vérifiés. Cette vérification a été réalisée en lien avec l’Agence Régionale de Santé. Des analyses ont été réalisées par le laboratoire indépendant LABEO sous le contrôle de l’ARS le 26/09/2019 sur les réservoirs d’eau potable de l‘agglomération et le 27/09 sur ceux de Morgny la Pommeraye. L’eau distribuée sur les 71 communes de la Métropole Rouen Normandie est potable. Aucune trace de contamination n’a été relevée.

 

Un contrôle renforcé est mis en place sur les captages pour suivre les éventuels impacts sur l’eau des nappes phréatiques sur le court et moyen terme.

 

Par ailleurs, la Métropole rappelle que les réseaux de distribution d’eau potable sont interconnectés et sécurisés de manière à pouvoir isoler toute nappe potentiellement impactée et ainsi assurer la distribution de l’eau potable au robinet des usagers."

Le numéro vert Ma Métropole reste à la disposition des habitants de la Métropole au 0 800 021 021.

 

Notons que nous allons rester très vigilants aux résultats des prochaines analyses et que certains scientifiques dénoncent le fait que l'on ne cherche pas les bons polluants dans les divers analyses (eau comprise), mais en ce qui concerne Sotteville-lès-Rouen ou je vis, aucun problème à noter, alors que sur certains secteurs les vidéos d'internautes paraissent édifiantes, mais sont-elles vraies ou des fakes, impossible pour le moment de le dire avec certitude, nous ne pouvons que vous conseiller de toute manière que de filtrer votre eau si vous le pouvez, et sur les secteurs ou la nappe phréatique pourrait être touchée, si vous constater quoi que ce soit passez exceptionnellement à l'eau en bouteille ( qui de toute façon amène souvent d'autres polluants, mais c'est un autre débat...).

Le reportage sur le site de notre correspondant local

Notre correspondant local Alain Jobert, était sur le site ce week-end et aujourd'hui. Équipé de son masque et de son appareil photo, il nous propose les images de ces deux jours, ainsi que quelques infos d'un colonel des pompiers :

 

"J'étais sur le site ce dimanche matin (après un  précédent passage la veille), en compagnie d'un colonel des Sapeurs Pompiers de Paris qui m'a donné quelques explications sur la situation :

 

Je m'étonnais de voir encore de la fumée , il ma donné la raison, le feu est maitrisé depuis hier mais les poutres métalliques des hangars sont encore en fusion et doivent être refroidies à une température de 20 °. Sur l'amiante : les tôle en fibrociment contenant de l'amiante sont pour lui une grande source d'inquiétude, enquête en cours... Ci-dessous les photos de mes passages sur le site ces 28, 29 et 30 septembre 2019."

Samedi 28 septembre 2019 : Le feu est maitrisé mais couve toujours et l'air est irrespirable malgré mon masque .

j'ai réussi a rusé pour pouvoir me rapproché du site et voici quelques photos :

 

Samedi 28 septembre 2019 :Les pompiers ont fait la part du feu en protégeant ces camions citerne transportant des matières dangereuses.

Samedi 28 septembre 2019 : Ici le toit de l'usine, construit de tôles d'amiante pratiquement brulé, sur l'autre, le toit à disparu.

Samedi 28 septembre 2019 : Des barrages antipollution ont été mis en place sur la Seine. Ici deux bateaux-pompe repoussent la nappe d'hydrocarbure qui est ensuite pompée.

Les hydrocarbures qui sortent des égouts sont maitrisés par des barrages flottants dans ce bassin donnant accès à la Seine, donc pas de risque de pollution de celle-ci, du moins par ce biais. Ils sont aspirés et déversés dans des camions citernes ou cuves mobiles .


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Commentaires: 1
  • #1

    rené (mardi, 01 octobre 2019 16:45)

    Les fumées et vapeurs d’hydrocarbures affectent des organes cibles divers : irritations des yeux et de la gorge, des organes respiratoires (asthme…), troubles cardiaques, digestifs (nausées…), du système nerveux, maux de tête, ... : il n'y a pas que les dangers des produits présents sur le site : on ne dit pas assez que les combustions incomplètes d’hydrocarbures peuvent générer des Hydrocarbures Polycycliques Aromatiques (HPA) cancérogènes : "la prévention des risques des hydrocarbures" http://officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=69&dossid=373

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