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Incendie de l'usine Lubrizol : contexte, bilan et témoignages

Incendie de l'usine Lubrizol

Nous vous avons tenu informé toute la journée d'hier sur les réseaux sociaux de ce qui se passait, il est maintenant temps approfondir divers sujets pour mieux comprendre. Tout d'abord nous vous proposons un récapitulatif du passé de Lubrizor Rouen, des explications claires sur ce qu'est le mercaptan, mais aussi des témoignages d'habitants, un premier bilan de cette catastrophe écologique et pour finir les consignes pour la suite et les attentes que nous avons. Bonne lecture, et n'hésitez pas à partager et commenter cet article.

(ndlr : Nous pensions au départ mettre à jour cet article au fur et à mesure des informations confirmées que nous aurions, mais au vu de la quantité énorme d’éléments, nous avons préféré faire un deuxième article que vous retrouvez ici)

Le contexte :

Parler de ce dramatique accident c'est tout d'abord rappeler le passif de ce site classé Seveso seuil haut, donc le plus haut niveau de risque pour un site industriel .

 

Il s'agit d'une usine du groupe américain Lubrizol Coporation, installée depuis 1954 sur ce site rouennais. L’entreprise "fournit des additifs pour les huiles pour moteurs et autres fluides de transport, des additifs et fluides pour les lubrifiants industriels et des additifs pour l’essence et le carburant diesel." (source : son site internet). On trouve également, en plus de l'usine, le siège français du groupe et les supports techniques pour l'Europe. Il s'agit d'un des 49 sites classés Seveso seuil haut en Normandie, dont 47 en Seine-Maritime et près du quart sur l'agglomération rouennaise  (Sans compter les sites Seveso seuil bas, qui doublent les chiffres..) !

 

Un premier drame écologique intervient en 1974 , quand a lieu une importante fuite d'un gaz alors méconnu du grand public, le mercaptan, Paris Normandie qui couvrait le procès qui a suivi expliquait qu'il avait fallu  "deux bennes entières pour transporter les marchandises polluées du magasin Carrefour jusqu'à l'usine d'incinération, celles-ci étant devenues immangeables". et que "On apprend qu'un dé à coudre de ce gaz suffit à envahir un bac de 100 000 m3".

 

Une seconde fuite aura lieu en 1989, laissant échapper environ 5 kilos de gaz, dans les deux cas les habitants doivent quitter leurs logements, mais les informations manquent et les risquent sont méconnus, Seveso n'existe pas et l'heure n'est pas à remettre en cause l'existence de l'usine....

Plus prêt de nous, le 21 janvier 2013, une troisième catastropher survient sur le site,  en cause une fois  de plus : Une fuite de mercaptan.

Si dans un premier temps les autorités tentent de rassurer le public en expliquant qu'il n'y a aucun danger pour la population, la gendarmerie, elle, débute une enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui" et le gaz poursuit sa route d'une part en Ile de France, d'autre part vers le sud de l’Angleterre... Des dizaines de milliers de personnes avaient été victimes les vertiges, maux de tête et autres vomissements touchent des dizaines de milliers de personnes et les scientifiques contredisent la version officielle :

 

Joint par France 3 un un toxicologue du CNRS explique que  "la réaction chimique qui a provoqué les émanations de fumées est impossible sans un solvant, dont les autorités ne font jamais mention.,  le professeur Picot a précisé à Jean-Paul Lussault que le produit qui sortait de la cheminée de Lubrizol contient une liaison carbone-soufre. Ce qui veut dire que dans ce mélange réactionnel il y a autre chose que  les produits déclarés par les autorités, sans doute un solvant. Plus grave : il craint que l’accident a été à l’origine d’une émanation  d’Hydrogène sulfuré, le même gaz qui,  lors de la fermentation des algues vertes en Bretagne, a tué un camionneur, deux chiens et un cheval.  Toujours selon lui, ces concentrations toxiques - certes diluées - ont été bien plus incommodantes pour la population qu’il n’a été reconnu officiellement."

 

Suite à ce drame, l'entreprise sera condamnée à la ridicule somme de 4000 euros d'amende.  La partie civile (L'association France Nature Environnement ), n'obtiendra elle  qu'un euro symbolique et le remboursement de ses frais de justice.... Lubrizol finira également par se doter d'un PPRT (plan de prévention des risques technologiques) quelle aurait du avoir bien avant (sans que cela n’inquiète les autorités...), car obligatoire depuis 2003   pour les  sites Seveso seuil haut.

 

En 2015 un autre incident impliquant l'usine à lieu : Suite à un incident d'exploitation   2.000 litres d'huile minérale se déversent dans le réseau d'évacuation des eaux pluviales, les autorités disent à nouveau qu'il n'y a aucun risque, mais un barrage est mis en place pour éviter toute diffusion dans la Seine et les informations circulent au compte goute...

 

En 2017 un arrêté préfectoral de mise en demeure pour "insuffisance du dispositif anti-incendie" avait été pris concernant l'usine.

Qu'est-ce que le mercaptan ?

Le  mercaptan est un gaz utilisé entre autre pour rendre odorant le gaz de ville et donc prévenir des accidents, il entre également dans la fabrication de produits phytosanitaires, d'antioxydants, etc... A l'état naturel, il est produit lors de la décomposition des matières organiques, dans les égouts, les marais mais aussi pendant la digestion, à très faible dose et dans sa version naturelle comme dans le gaz de ville, il n'est donc pas toxique, et ce qui le caractérise surtout est sa forte odeur de putréfaction ou "d'œuf pourri".

 

Pour ce qui est de la version du gaz qui nous concerne ici (dont le nom scientifique est méthanethiol), les choses sont totalement différentes, il s'agit de la forme la plus dangereuse du mercaptan, aussi appelé méthylmercaptan, qui est toxique par inhalation.

Les premiers symptômes constatés lors d'une intoxication aiguë sont  d'après l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) "une irritation pulmonaire (douleur thoracique et toux), des nausées, vomissements et diarrhées". En cas de faible concentration il n'y a logiquement pas de problèmes plus graves d'après les toxicochimistes du CNRS.

 

Par contre si la concentration est importante "l'intoxication peut provoquer  des troubles de la conscience et de la respiration." allant parfois jusqu'à la mort comme le rappelais l'ONG Robins des bois après l'accident de 2013 : "L'accidentologie du mercaptan inventoriée dans la base de données ARIA fait état de 50 accidents en France entre 1988 et 2012. Les fuites proviennent souvent de wagons-citernes. Le 8 avril 1970, trois cheminots sont morts à Lacq à côté d'un wagon [d'où s'échappait du] mercaptan"

 

Il est aussi important de rappeler que dans sa version utilisée ici, il n'est pas nécessaire de le sentir pour qu'il soit nocif comme le rappelait déjà en 2013 Michel Falcy, toxicologue à l'INRS.  dans les pages du Figaro : "Le fait que l'on puisse sentir le gaz n'est absolument pas un signe de danger. Le seuil olfactif est extrêmement bas, à 0,0005 partie par million (ppm), soit mille fois moins que la limite d'exposition professionnelle fixée en France à 0,5 ppm." En clair, même sur les secteurs ou l'on ne sent rien nous pouvons subir une grave intoxication !

 

Lorsque l'on sait tout cela, il devient difficile de croire celles et ceux qui disent qu'il n'y a aucun danger, d'autant que personne ne sait précisément la quantité de gaz qui a pu s'échapper, mais étant donné que le site a entièrement brulé, le risque est bien réel, d'autant que, et c'est une "mini avancée" la préfecture à demandé lors de cette dernière catastrophe aux éleveurs et agriculteurs de  : - Rentrer les animaux  - Sécuriser leur alimentation et leur abreuvement en les mettant à l'abri - Suspendre les récoltes. Par ses recommandations, la préfecture reconnait donc la possibilité de risques sanitaires importants. 

 

Alors pourquoi  ai-je parlé plus haut d'une "mini avancée" ? Tout simplement car à l'heure d'écrire cet article et à contrario de ce que disent les scientifiques depuis des années déjà, il est annoncé un peu partout, que nous, humains, ne risquons rien, du moins rien de grave, et les seules mises en gardes concernent les retombées de suie dues à l'incendie, mais les conséquences de l'intoxication au gaz, silence radio !

 

Quid des quantités respirées par les gens présents sur le site et à proximité  au moment de l'explosion  et peu après ?

Quid  de l'état de santé des pompiers qui sont intervenus  toute la journée, en prenant de grands risques, pour d’abord confiner l'incendie  sans pouvoir l'éteindre directement, car et c'est aussi une particularité du site, pour éteindre un incendie provoqué par ce genre de gaz, il faut une mousse spécifique dont les pompiers locaux ne disposaient pas, ils ont du attendre sa livraison dans l'après-midi pour pouvoir réellement l'éteindre, sans compter "qu'une série d'explosions a rendu [leur] progression délicate, ainsi que des nappes de liquides enflammés progressant comme une coulée de lave".

Un premier bilan :

A 17h30 l'incendie à enfin été maitrisé après un travail long et dangereux des 240 sapeurs-pompiers , 90 policiers et 46 gendarmes présents sur le site.

 

D'après le préfet qui a également salué le courage des  pompiers présents  "les premières analyses n'ont pas fait apparaître de toxicité aiguë* sur les principales molécules que nous suivons, ce qui est plutôt rassurant", mais il ne s'agit que de premières et partielles analyses et il mentionne tout de même un "risque de pollution de la Seine", car l'usine se trouve à proximité du fleuve. "On continue de lutter contre le feu avec un risque de pollution de la Seine par débordement des bassins de rétention."

 

*La toxicité aiguë est une forme de toxicité qui résulte d’une exposition de courte durée suite à une absorption rapide du toxique par dose unique ou multiple ne dépassant pas 24 heures. Les manifestations cliniques se développent rapidement en général, la mort ou la guérison survient sans retard. (source : analyticaltoxicology.com)

 

A cela il faut, comme nous l'avons vu plus haut, ajouter la suie extrêmement toxique tombée sur le trajet de l'immense nuage noir et qui aura forcément un impact sur les récoltes et les élevages, ainsi que les premier symptômes constatés par de nombreuses personnes : gorge qui gratte, toux, yeux qui piquent... plus d'une centaine de personnes principalement sur le plateau nord ont du être hospitalisées !

 

Pour ce qui est du secteur, si la zone la plus touchée est la partie nord de l'agglomération rouennaise qui de part l'orientation du vent était directement sous le monstre de fumée qui s'échappait de l'usine, les villes proches au sud étaient aussi concernées, et l'odeur fortement présente surtout en matinée (alors que, comme nous vous le disions plus haut, même lorsque nous ne le sentons pas ce gaz peut être toxique, donc la...).

 

Nous terminerons ce bilan en vous proposant un extrait d'un article de Sciences et Avenir du jour :

 

...Le site de Lubrizol représente bien un risque pour les populations aux alentours, selon un  Plan de prévention des risques technologiques  autour de l'entreprise Lubrizol, adopté par la préfecture de Seine-Maritime en 2014. Dans l'usine Lubrizol de Rouen "sont stockés et/ou employés en effet plus de 500 tonnes de produits classés toxiques pour les organismes aquatiques", explique le texte. Ce dernier mentionne "l'atelier C2", dans lequel sont mélangés les additifs pour lubrifiants. "Les produits finis sont des mélanges de substances de type dispersants, anti-oxydants, inhibiteur de corrosion, améliorant d'index de viscosité. Les risques potentiels liés à cette unité du fait des produits mis en œuvre sont de type thermique (incendie), surpression (explosion d'un mélangeur), toxique (lié à la dispersion d'un produit ou en cas d'incendie lié aux fumées)." En cas d'incident, les fumées pourraient donc bien disperser ces substances dangereuses auprès des populations.  

 

Dans l'attente de résultats d'analyses, la Préfecture a émis des recommandations concernant les fruits, les légumes et les animaux qui auraient été recouverts de suie. Dans "une vaste zone au nord-est" de Rouen, il est conseillé de ne pas manger les fruits et les légumes du jardin "qui ne pourraient être épluchés ou lavés de façon approfondie." Les agriculteurs, eux, doivent éviter de "récolter leurs productions en l'attente de précisions ultérieures." Il est recommandé aux éleveurs de mettre leurs animaux à l'intérieur et de sécuriser leur abreuvement et leur alimentation, de façon à ce que "les animaux ne consomment pas d'aliments souillés."

 

Nous ajouterons qu'il est précisé dans la dernière déclaration administrative du site, suite à  une inspection  le 6 septembre de cette année, qu'il  y a des substances radioactives stockées sur le site. (source : installationsclassees.developpement-durable.gouv.fr) Sont-elles concernées par l'incendie ? Dans des conditions de stockage normales, il n'y aurai pas de risque, mais nous attendons les résultats d'analyses devant arriver très prochainement pour en avoir la certitude. Pour le moment le préfet assure "il n'y avait pas de produits radioactifs" "Il y avait en revanche des appareils de mesures qui comportent un élément radioactif scellé" qui n'ont pas été impactés".

"Les éléments radioactifs de l'entreprise servent à jauger les bacs. Ce sont des sources scellées", a précisé le colonel Jean-Yves Lagalle, directeur du SDIS. "Aucune des sources n'a été touchée par l'incendie. On a fait une levée de doute. Il y a eu confirmation."

 

Ce vendredi matin 120 pompiers sont encore sur le site. Le colonel Jean-Yves Lagalle, directeur du SDIS Seine-Maritime, explique que les sapeurs-pompiers se concentrent sur le refroidissement des fûts qui peuvent dégager du Mercaptan par combustion. "Tout risque n'est pas définitivement écarté mais on le contrôle", a-t-il affirmé. (source : LCI)

 

Le nuage noir à lui poursuivi sa route dans la Somme, l'Oise et l'Aisne ou denombreuses personnes ont pu constater des retombées d'hydrocarbures avec toujours le même message des autorités : Pas de risque de toxicité aiguë.  Par contre toujours les mêmes risques sanitaires et écologiques...

 

Voila pour ce que nous savons au moment d'écrire cet article.

Des habitants témoignent :

Pour comprendre ce qu'ont pu vivre les habitants des secteurs concernés nous avons recueilli deux témoignages.

Le premier est celui de Marie Laure, une citoyenne de Petit-Quevilly, habitant rue Stalingrad à moins de 500 mètres du lieu du drame :

 

Quand avez vous vu, senti ou entendu quelque chose ?

J'ai entendu des crépitement puis une explosion vers 5h30, dans un premier temps il n'y avait pas d'odeur.

 

Votre ville ou la préfecture vous ont-elles informé en temps et en heure ?

Nous n avons, pas été averti ! Ma voisine est venue me voir, m'alertant que l'usine lubrisol était en feu ! A ce moment, aucune sirène provenant de l'usine, aucun retentissement de celle de la mairie ! Nous étions en panique, nous avons réveillé nos autres voisins proches pour les alerter ! Aucun pompier ni policier présent dans la rue durant les premières heures.N

 

Qu'avez vous fait ensuite ?

Nous sommes partis se réfugier un peu plus loin ! Nous avons eu très peur ! La sirène de la mairie, de Petit-Quevilly n'a retenti que vers 8h, soit je crois presque 5 h après le début de l'incendie, entre temps, rien... à part les réseaux sociaux.

 

Avez vous des enfants ? quelles mesures avez vous prises ?

J'ai 2 enfants de 17 et 19 ans. Comme je vous le disais nous sommes partis de la maison en urgence.

 

Avez vous constaté chez vous ou sur le trajet des retombées de suies ou tout autre élément ? Comment avez vous passez votre journée ?

De note côté nous étions au contraire des vents nous n'avons donc pas eu beaucoup de retombées de suies, nous avons passé le début de matinée jusqu'à 10h chez de la famille près de Sotteville-les-Rouen, nous étions dans l'angoisse à  attendre des Infos, avec la peur que la maison brûle et c'est à ce moment que nous avons décidé d'aller voir la maison, il y avait donc la police  qui faisait la circulation, aucune info de leur part. Je suis allée vers eux leur demandant l'autorisation de rentrer chez moi.

 

La police vous a donc permis de rentrer chez vous, avaient-ils d'autres infos ?

Étaient-ils au courant d'un potentiel risque même pour eux ?

Ils nous ont rien dit, juste qu'on avait le droit de rentrer chez nous, ils avaient pas l'air apeuré ils devaient juste bloquer la circulation.

Mais aucune Info de leur part et ils ne rassuraient pas la population. Nous avons ensuite passé la journée à la maison, j ai confiné les aérations, et je ne  suis sorti que vers 20h, j ai alors constaté qu'il y avait beaucoup de pompiers à l'entrée de l'usine au cas où !!!! 

De plus, j ai constaté qu'à ce moment, la police portrait des masques de protection. A l'heure où je vous parle (jeudi à 21h), personne n'est encore venu nous voir !!!

 

Avez vous vu le nuage de pollution ? Quelle impression ?

Oui nous l'avons bien vu puisqu'il était très épais et noir et surtout à moins de 500m de chez nous à vol d'oiseau, c'était très impressionnant, inquiétant et la panique se faisait ressentir.

Vos jeunes ont-ils eu des infos de leur lycée ?

Mes enfants ont eu dans la mâtiné un message leur précisant de ne pas aller en cours, nous avons  appris  par un professeur que le lycée serait fermé vendredi également.

 

Avez vous été en contact avec des gens touchés par la pollution sur l'agglo ? si oui que vous ont-ils dit ?

Oui j'ai été en contact avec plusieurs personnes qui elles, n'ont pas été épargnées par le sens du vent, ils m'ont dit avoir des maux de ventre et nausées, yeux qui piquent et mal à la gorge, certains  ont été obligés  ce soir de partir dormir ailleurs, ne pouvant supporter  l'odeur et les difficultés  respiratoires   ! Nous, réfugiés le matin sur Sotteville, n'avons subi qu'une petite toux et l'odeur pestilentielle, mais  entre le vent et la pluie, cela   allait rapidement mieux.

 

Je passe du coq à l’âne :  Avez vous trouvé pertinentes utiles les infos diffusées dans les médias ? par des officiels etc ?

Ce jeudi matin assez bien informés par l TV, en revanche depuis l'annonce du décès de monsieur Chirac, aucune info précise sur le déroulement de cette catastrophe ! A partir de ce moment la nous nous sommes tous contactés via les réseaux car il n'y avait plus aucune info via les médias traditionnels, Rouen n existait plus !!!!!

 

Vous nous avez dit que personne n'était encore venu vous voir, alors même que vous habitez à moins de 500 mètres du drame, vous confirmer une absence totale de prise en charge par la ville ou la préfecture ?

Tout à fait du moins la ou j'habite. En revanche des voisins ont été confinés et ont du partir de chez eux vers 9h. Ce que je ne comprends pas c'est que la rue Stalingrad a été en quelque sorte coupée en 2 pour les prises de précaution !

 

Et aucune info sur le passé de l’entreprise les risques liés aux gaz et substances concernées ?

Aucune Info !!! C est déjà arrivé en 2013 il me, semble, odeurs nauséabondes, nous n'avions pas été alertés à l'époque, que cela était très nocif je l'ai su quelques mois plus tard, pareil ce jour, aucune sirène, rien... Cela fait la, deuxième fois en peu de temps, que nous sommes en danger immédiat et que nous sommes pas alerté. Aucune précaution, aucune info, lamentable ! Je précise tout de même que la, plupart de mes voisins sont en colère face à ce manque d Informations ! Nous allons faire une pétition avec les riverains et nous nous réunissons en collectif dès ce vendredi (ndlr : réunion à 19h00 au PMU de la place de l’Hôtel de ville de Sotteville). Nous avons tous ce sentiment d avoir été abandonné, nous avons eu très très peur ce matin.

 

Concernant la pétition et le collectif quelle sera la demande principale ?

Nous demandons à être informés des risques proches de cette usine, nous dénonçons réellement le manque d'Infos de la part à la fois  de Lubrizol et de la mairie. Quand est-il de l'eau ? Des fruits et légumes produits à proximité du site... le pire reste sans doute à venir, nous sommes inquiets.

 

Le second témoignage est celui de Marie Pean, éleveuse de chevaux près de Buchy, dont les photos impressionnantes des retombées de suie, ont circulé toute la journée sur les réseaux sociaux, certains pensant même qu'il s'agissait de "fakes", malheureusement non,.

Bonsoir, quand et comment avez vous constaté l'ampleur des dégâts ?

Un ami habitant un village proche de chez moi, a prévenu mon mari de la pluie possiblement polluée. Nous disant qu’il avait des traces noires sur ses voitures. il  m’a donc conseillé de rentrer mes chevaux au plus vite, il était 8h30 environ. Je me suis rendu aux écuries attenantes à la maison et vu les traces noires au sol...

 

Combien avez vous de chevaux et qu'avez  vous pu faire pour eux ?J’ai six chevaux, juste un mini élevage amateur. En prévention, j’ai simplement rentré mes chevaux aux boxes et je leur ai donné de l’eau du robinet à la place de celle qu'ils avaient. Eux ne se sont rendu compte de rien, ils étaient simplement content de rentrer au box pour manger du foin !

 

Avez vous eu des informations au cours de la journée ?

Nous n’avons pas eu d’information de qui que ce soit ! Concernant mon fils qui a 9 ans, j’ai même du téléphoner à l’école pour en avoir et savoir s'il n'était n’était pas dehors, si la directrice avait eu des consignes, mais je ne peux pas parler pour elle. Concernant le plus grand de 12 ans qui est au collège de Forges-les-Eaux,  les élèves ont été confinés jusqu’à 10h30.  Ensuite n'ayant pas plus d'information j'ai simplement veiller à ce que mes enfants, mais aussi les chevaux ne sortent pas.

Et après ?

Quelle va être la suite donnée à ce drame ? Quelles sont les consignes pour les prochains jours ? 

 

Tout d'abord il est bon de rappeler les consignes données sur le site seine-maritime.gouv.fr et qui sont véritablement des consignes à minima dans l'attente de résultats d'analyses en cours :

 

Consignes de nettoyage en cas de présence de suies :
Comme pour tous résidus de combustion et de produits pouvant être irritants, il convient d’adopter les gestes de précaution habituellement recommandés, à savoir :

- éviter tout contact cutané.
- nettoyer les locaux, fenêtres, mobiliers et jeux extérieurs et les abords (préau, cours...) uniquement à l'eau
- ne pas utiliser de nettoyeur haute pression pouvant mettre en suspension des particules
- ne pas effectuer de balayage à sec
- ne pas utiliser d'aspirateur
- lors du nettoyage , protéger sa peau par le port de gants de ménage
- ne pas consommer les végétaux souillés par les suies et se laver les mains en cas de contact

 

Consignes dans les élevages :

 

Il est demandé aux propriétaires d’animaux, notamment les animaux de rente qui seraient à l’extérieur dans des zones impactées par le panache de fumées, de les rentrer et de sécuriser leur abreuvement et leur alimentation en les plaçant sous abri.

Il est important que les animaux ne consomment pas d’aliments souillés : il est donc nécessaire de faire pâturer des ruminants sur des pâtures saines, exemptes de dépôt de suie. A défaut, de l’ensilage ou un foin ou tout autre aliment qui aura été protégé, sera fourni aux animaux. L’accès à l’abreuvement en extérieur est de même à éviter.

 

Consignes pour les cultures :

Il est demandé aux agriculteurs de ne pas récolter leurs productions en l’attente de précisions ultérieures.

Il est conseillé, tant que l’émission des fumées est en cours, de ne pas chercher à enlever les dépôts de suie et d’attendre les prochaines consignes préfectorales qui apporteront des recommandations pour les éliminer par une filière autorisée.

 

 

Consignes pour les jardins des particuliers :

 

Il est conseillé aux particuliers de ne pas consommer de légumes et fruits du jardin qui ne pourraient être épluchés ou lavés de façon approfondie.

 

Difficile pour le moment d'en dire plus, mais il est évident que les maraichers, agriculteurs, éleveurs situés sur le trajet du nuage noir seront forcément impactés et qu'il va falloir qu'ils soient d'une part indemnisés, d'autres part aidés dans leurs démarches pour retrouver de sites propres.  Il  va également de soi que l'impact sur la population des secteurs concernés ne pourra réellement se mesurée qu'au fil du temps, mais ne pourra être neutre au vu de ce tout ce que déclare les scientifiques et que nous avons évoqué plus haut.

 

Nous terminerons avec le point qui forcément interpelle le plus : Une fois l'origine du sinistre trouvée, il va falloir que Lubrizol s'explique, soit condamnée car les citoyens payent déjà assez cher le désastre sanitaire  pour que le nettoyage,  la lutte contre la pollution etc, soient financés par les fautifs... et surtout de l'avis de tous les spécialistes, l'usine ne doit pas être reconstruite dans un secteur avec une telle densité de population.

 

Les pouvoirs publiques pourront et voudront-ils agirent pour empêcher un nouveau drame ? 

La justice sera -t-elle libre d’enquêter et agir sans pression ?

C'est sur ces sujets, que nous citoyens, devons êtres vigilants dans les prochaines semaines, les prochains mois, car au delà de cet accident, c'est tout un mode de fonctionnement opaque et complaisant vis à vis d'entreprises négligentes qui est mis à jour, un système qui fait fit de toutes les découvertes et avancées en matière d'écologie, de préservation de la planète et de médecine, un système encré dans un monde qui n'est plus, celui de l’hyper-production insouciante des trente glorieuses, mais pour le moment nombre de politiques et de dirigeants de grandes entreprises semblent totalement ignorants ou incompétents sur ces enjeux, la faute parfois à des formations et études déconnectées des réalités, parfois également par manque d'ambition collective ( la ou l'ambition personnelle est bien présente...) et c'est sans doute cela le plus inquiétant !


Commentaires: 1
  • #1

    camus bernadette (be.fras.ed@gmail.com) (dimanche, 29 septembre 2019 14:28)

    mes enfants habitent bois guillaume et ont retrouvé dans leur pelouse des traces de produit lourd type plomb(plaques de plusieurs Cm) ils ressentent également une odeur forte d'hydrocarbure. Ils ont mal la tête et ont des nausées. Ils m'ont amené mon petit fils afin de la protéger car nous sommes à plus de 400 km de Rouen. Il a été retrouvé des oiseaux morts, des poissons morts également dans les bassins. Je trouve inadmissible que l'on nous mente ainsi. L'argent et les intérêts passent avant la santé publique. Que tous les citoyens ayant été victimes de cette catastrophe portent plainte contre l'usine responsable.

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