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L'éco-pâturage se développe en Seine-Maritime

L'éco-pâturage, une solution d'avenir

Pratique ancestrale trop longtemps oubliée au profit d'un entretien chimique et mécanique, l'éco-pâturage fait un retour remarqué ces derniers temps.  A l'approche de la date butoir pour le zéro phyto (obligatoire pour 2020 dans les espaces verts publics), et prenant de plus en plus conscience de l'urgence à préserver l'environnement et la biodiversité, de nombreuses municipalités relancent cette pratique.  Que ce soit à Dieppe, sur l'agglo rouennaise, sur Le Havre ou dans de nombreuses autres communes, nous voyons ces temps-ci revenir brebis, chèvres, moutons, vaches et poneys dans nos zones urbaines, mais peut être ne connaissez-vous pas tous les avantages liés à cette pratique et c'est ce que nous allons essayer de vous faire découvrir. 

Les atouts de l'éco-pâturage :

1 : Écologique

 Le principe étant de se passer de machines et de produits chimiques (désherbants, etc..), la faune et à la flore locale peuvent à nouveau se développer normalement, car outre l'impact direct de l'arrêt d'utilisation de produits chimiques, il faut noter la fin de la pollution sonore des machines, ainsi que L’aération et la fertilisation naturelle des sols par les animaux, sans compter que ces animaux participent activement aux plans de lutte contre les espèces invasives comme la Renoué du Japon à Dieppe . Autres atouts écologiques, la réduction des déchets verts, et celle très importante du bilan carbone (Réduction des émissions de gaz à effet de serre). A l'heure ou l'urgence climatique nous oblige à des changements radicaux avant qu'il ne soit trop tard, cette solution s'impose donc comme alternative crédible dans tous les secteurs ou elle peut être mise en place. 

2 : Économique

 Nous le savons bien, les collectivités locales n'ont pas des moyens financiers extensibles, et c'est trop souvent cet argument économique qui est utilisé comme frein à de nombreuses avancées écologiques. On nous explique souvent que ces changements coutent chers, que les villes sont frileuses à dépenser pour l'amélioration des transports en commun, des pistes cyclables, pour le développement des recycleries, des énergies renouvelables etc... Ce n'est que partiellement vrai, et bien souvent cela émane d'une vision à très court terme, ne prenant pas en compte les dépenses de santé liées à la pollution, ni la "durabilité" de ces changements, qui une fois effectués, évite l'entretien de nombreuses machines et installations, mais dans le cas de l'éco-pâturage, l'excuse ne tient pas et c'est tant mieux.  En effet, il faut en général quatre à cinq ans pour qu'un projet d'éco-pâturage soit rentable par rapport aux systèmes mécaniques et, ou chimiques.

 Certes, il y a parfois un léger cout initial pour adapter certains espaces (clôtures,...) et former le personnel dans le cas d'une prise en charge totale par la municipalité. Mais en moyenne, après avoir recouper divers informations, cinq hectares d'espaces naturels sensibles dont l'entretien indispensable de mai à novembre coutait auparavant 3.200 euros par an, ne coutent plus que 2.600 euros par an en sous-traitant à un partenaire spécialiste de l'éco-pâturage, et dans le cas d'une gestion directe par la collectivité, certaines municipalités parlent d'économies allant jusqu'à 25%.

3 : Réduction importante de la pénibilité et du danger du travail manuel

De nombreux espaces sont difficilement accessibles (zones humides, broussailles, sous-bois, milieux pentus), et lorsque les machines ne peuvent y aller, les employés sont, il faut le reconnaitre, souvent obligés de tenir de mauvaises postures provoquant de nombreux soucis physiques à long terme, sans parler du danger de chutes ou de blessures.  L'éco-pâturage s'impose légitimement dans ces situations, d'autant que seront privilégiées les races locales et rustiques habituées aux terrains en question. il convient de rappeler tout cela se fait évidement sans suppression d'emploi, les agents passant après formation d'un rôle de "cantonnier" à un poste plus proche du berger. 

4 : Un lien social important

De nombreuses études l'ont démontrées, les animaux apportent une présence apaisante et favorisent les liens intergénérationnels, et il suffit de se rendre sur un secteur concerné par l'éco-pâturage pour en avoir une belle preuve. Les enfants s'émerveillent devant les animaux et profitent dans la bonne humeur du savoir des anciens, tout aussi contents du retour des animaux et d'un cadre de vie plus agréable. 

5 : Un moyen efficace de sensibiliser le public à la protection de l'environnement

L'éco-pâturage concernant les zones urbaines et périurbaines, il permet de sensibiliser le grand public aux actions de protection de l’environnement de manière concrète, et l'on remarque une net diminution des déchets sauvages lorsqu'il y'a des animaux sur un site, chacun prenant conscience que leur espace vert est bien plus qu'un lieu de détente, c'est un lieu de vie ! J'ai personnellement constaté cela notamment à Dieppe, lors de mes derniers passages autour du château, ou l'on peut voir que les douves qui malheureusement servaient parfois de poubelle géante, sont vraiment saines depuis que des chèvres s'en occupent. L'arrivée d'animaux en ville est également, souvent l'occasion de proposer des journées d'information et de sensibilisation, à la protection de l'environnement et de la biodiversité locale, en lien avec divers associations maitrisant parfaitement le sujet.

Quelques infos en plus :

Le Havre accueille ses premiers moutons :

Les six premiers moutons sont arrivés le 30 octobre 2018 et vont s'occuper pour le moment des espaces verts en pente du boulevard Albert-1er, face de la plage. Ils seront rejoins prochainement par vingt brebis de race normande et neuf de race bretonne, ainsi que par un bélier, et chose plus originale par des porcs de Bayeux qui eux s'occuperons des sous-bois, au total le cheptel sera composé de 37 animaux et entretiendra 21 hectares d'espaces verts.

Les animaux privilégiés :

- Des bovins : Nantaise, Bretonne pie noir, Maraichine, Highland Catlle, Belted Galloways...

 

- Des équins : Konik Polskin, Poney Fjord, Baudet du Poitou...

 

- Des ovins et caprins : Mouton d'Ouessant, Lande de Bretagne, Solognot, Chèvre des Fossés, Chèvre Poitevine..

Les collectivités seinomarines qui pratiquent l'éco-pâturage :

Impossible de connaitre toutes les villes et collectivités qui pratiquent l'éco-pâturage en Seine-Maritime, toutefois en regroupant plusieurs sources et en se basant sur les ressources documentaires collectées par les documentalistes de l’AREHN en 2016, nous pouvons en citer une partie : 

Les villes : Arques-la-Bataille, Dieppe, Gonfreville-l'Orcher, Le Tilleul, Pavilly...

Les communautés de communes : Communauté de l'agglomération havraise, Métropole Rouen Normandie...

Des chiffres sur la pratique :

Quelques chiffres issus de l'association Entretien Nature Territoire en 2013, nous n'avons pas trouver de données aussi complètes plus récentes, n'hésitez pas à nous en proposer si vous en avez connaissance : 

La pratique est surtout urbaine : à plus de 60 %, elle concerne des villes de plus de 5 000 habitants et à 25 % des villes de plus de 50 000 habitants. Les raisons sont d’abord environnementales (45 %), puis sociales (22 %), paysagères (17 %) et économiques (16 %). Le pâturage est rentable au bout de 5 ans. Les animaux les plus utilisés sont les moutons(41 %), loin devant les chèvres(21 %), les bovins(19 %) et les équidés (15 %).


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